Il existe une singularité française face à la mondialisation : parmi les pays développés, le nôtre partage en effet le triste record du pessimisme, un tiers seulement des Français étant convaincu que leur pays est plutôt bien placé dans la compétition économique internationale, contre les trois quarts des allemands, 70% des néerlandais et 48% des britanniques.

Cette situation, qui contraste avec l’optimisme qui prévaut aujourd’hui dans les pays émergents, est d’autant plus paradoxale que la France, loin d’être une victime de la mondialisation, en est en fait l’un des premiers acteurs et bénéficiaires – qu’il s’agisse du nombre d’investissements directs qu’elle accueille ou de l’internationalisation de ses entreprises.

Pour autant, avec un taux d’ouverture de son économie de seulement 28% en 2008 (contre 41% pour l’UE à 27), la France pourrait profiter davantage de la mondialisation, à condition de revisiter la construction de ses avantages comparatifs au regard de la nouvelle division internationale du travail qu’induit la montée en puissance des pays émergents.

Cette dernière ne doit pas être vécue comme une crainte : elle créé en effet de nouvelles opportunités à l’exportation pour les entreprises françaises, tandis que les importations en provenance de ces mêmes pays permettent aux consommateurs de consommer à moindre prix des biens de consommation courante. De plus, la France conserve un certain nombre d’atouts : sa culture de solidarité peut lui permettre, mieux que d’autres, de faire face aux difficultés que la mondialisation ne cesse de créer, tandis que ses capacités d’adaptation et d’innovation lui donnent les moyens de saisir les multiples opportunités qu’elle fait naître.

Au cours des vingt dernières années, les Français de tout niveau ont démontré dans les entreprises leur capacité à s’adapter, à améliorer leur efficacité. L’enjeu, pour les années à venir, est de faire en sorte qu’ils acceptent comme citoyens les adaptations nécessaires à notre pays pour tirer avantage de l’approfondissement de la mondialisation.

Les articles

17.11.20111

Une taxe carbone aux frontières est-elle possible ?

Par Débat&co

Relancée par l'accord PS-Europe Ecologie Les Verts et la convention UMP sur le développement durable, la taxe carbone aux frontières de l’Union européenne avait été analysée de près en juillet 2008 dans le cadre d’une étude de l’Institut de l’entreprise. Quand bien même les pays européens s’accorderaient sur la mise en place d’un tel mécanisme d’ajustement de taxe à la frontière, encore faudrait-il surmonter un certain nombre d’obstacles juridiques et techniques, notamment au regard des règles de l’OMC (voir la Chronique fiscalité de Michel Taly). L’extrait qui suit s’attache à les identifier.

Lire l`article

19.10.20113

Sans responsabilité, le libre échange n’est qu’un leurre

Par Sylvain Guyoton

En interpellant François Hollande et Martine Aubry sur la dé-mondialisation, Arnaud Montebourg a réveillé Alain Madelin, qui a publié de son coté un plaidoyer sur le libre échange. Seulement l’ancien ministre de l’Economie donne l’impression d’analyser la mondialisation par le prisme unique des théories économiques, et passe sous silence certaines défaillances du système.

Lire l`article

17.10.20110

La classe politique (française) en rêve, l’Europe le fait

Par Lucien Rapp

Les candidats à la primaire socialiste l’ont martelé : l’Europe doit cesser d’être naïve dans la mondialisation. Le débat du deuxième tour entre Martine Aubry et François Hollande aurait pu être l’occasion de saluer les conclusions fermes et courageuses de l’avocat général près la Cour de justice de l’Union européenne confirmant la pleine validité de l’imposition du système de quota d’émission de gaz à effet de serre à toutes les compagnies aériennes circulant dans l’espace européen. Mais il n’en a rien été. Dommage que l’on omette si souvent de parler de l’Europe qui ose…

Lire l`article