Cinquième puissance exportatrice mondiale, la France occupe historiquement une position solide dans les échanges internationaux. Toutefois l’apparition d’un déficit commercial durant ces dernières années, tandis que l’Allemagne, notre principal partenaire commercial, connaît des excédents historiques, ne peut que susciter de nombreuses interrogations.
Si depuis l’introduction de l’euro la balance commerciale est moins cruciale pour la stabilité monétaire française, le déficit de la balance commerciale, qui se creuse de manière continue depuis 2003, se traduit par une perte d’emplois potentiels considérable et empêche notre pays de tirer tous les bénéfices de la croissance mondiale. Comparée à nos principaux partenaires européens, la compétitivité française n’est pas bonne ; elle risque de se dégrader encore lourdement dans les années à venir si rien n’est fait pour s’attaquer à ses causes.
Celles-ci ne tiennent ni à l’appréciation du taux de change – le recul des exportations françaises s’observe avant tout sur les marchés européens – ni à la structure sectorielle ou géographique des exportations françaises : le recul s’observe sur l’ensemble des secteurs, et l’ensemble des marchés. Elles renvoient plus fondamentalement à des faiblesses structurelles de l’économie française : poids plus élevé qu’ailleurs de la protection sociale, dont le financement pèse de manière déséquilibrée sur les coûts salariaux, pénalisant ainsi le taux de marge des entreprises et le made in France ; mauvaise adaptation du tissu industriel français, insuffisamment présent les produits hauts de gamme où les marges et la valeur ajoutée sont plus élevées.
Plus largement, le recul de la compétitivité française tient à l’essoufflement des gains de productivité, qui expliquent en grande partie la baisse tendancielle de notre taux de croissance depuis une trentaine d’années. C’est sur terrain que les principaux efforts devront donc être menés au cours des cinq prochaines années.
Les articles
Produire en France ? Encore faut-il savoir quoi et comment
Par Odile Esposito
Le constat alarmant sur la perte de compétitivité de notre pays a créé un électrochoc. Politiques, chefs d’entreprises et syndicalistes commencent à proposer des solutions.
L’agroalimentaire, notre automobile à nous ?
Par Odile Esposito
Si la comparaison avec l’industrie allemande tourne souvent au désavantage de la France, l’agroalimentaire fait plutôt exception.
Comment retrouver les chemins de la croissance
Par Vincent Champain
En mettant en évidence le rôle des « créateurs de richesse », l’approche micro-économique conduit à inverser la relation entre croissance et création d’emplois. Si elle veut échapper au destin qui la condamne, la France doit mettre un place un écosystème favorable à l’émergence de nouvelles idées, l’invention de nouveaux produits et le transfert des emplois des secteurs en déclin vers les secteurs d’avenir. Et si le retour à la croissance passait par notre capacité collective à optimiser nos ressources ?
Osons soutenir l'industrie française
Par Charlotte Cabaton
Au programme du déplacement présidentiel de demain en Haute-Savoie : Produire en France. Le thème est tendance et probablement vendeur en ces temps de crise – en témoigne notamment le « label France » du candidat Bayrou. Le dernier Forum des Think Tanks organisé le 19 novembre dernier lui a d’ailleurs consacré une table ronde lors de laquelle l’Institut de l’entreprise a pu donner la réplique à la Fondation Concorde, la Fondation Ifrap, la Fondation Res Publica et Agriculteurs de France. Diagnostic et propositions.



