France/Allemagne

Lundi, le président Sarkozy et la chancelière Merkel étaient de nouveau réunis à l'Elysée pour un déjeuner de travail. Ne nous laissons cependant pas leurrer par l'actualité des derniers mois : les relations entre la France et l’Allemagne se sont en réalité globalement détériorées depuis quelques années, alors même que la convergence franco-allemande est devenue un « test de crédibilité » pour les candidats à l’élection présidentielle.

Pistes pour une (vraie) convergence franco-allemande

La défiance entre Paris et Berlin s’est traduite récemment par les déclarations allemandes unilatérales sur la sortie de la zone euro des « mauvais élèves » (mars 2010), et l’annonce de la sortie du nucléaire faite sans concertation avec la France (juin 2011).

Cette défiance s’est également exprimée dans les différences d’analyse de la crise économique. La France a fait preuve de volontarisme budgétaire. Inversement, l’Allemagne a vite compris que la crise financière résultait de déséquilibres mondiaux.

Les déficits publics de la France et de l’Allemagne divergent fortement depuis 2007, alors qu’ils étaient auparavant très proches. En conséquence, leurs niveaux d’endettement, qui étaient depuis longtemps quasiment identiques, commencent à s’écarter.

Quand l’Allemagne corrige ses erreurs, la France persiste

Les déficits publics français et allemand sont restés très voisins de 1996, une fois absorbé le coût de la réunification, à 2006. Ils ont ensuite fortement divergé et ce grand écart, qui atteint 4,5 points de PIB en 2011, est bien plus important pour l’avenir de la zone euro que l’écart entre les déficits de l’Allemagne et de la Grèce ou de l’Espagne. Beaucoup de décideurs allemands semblent en effet craindre que la France rejoigne définitivement les pays du « club Méditerranée » si la rigueur budgétaire la plus stricte n’est pas imposée en Europe.

A l’occasion de sa dernière convention autour de son projet 2012, l’UMP a de nouveau invité à davantage de convergence fiscale en Europe. Après avoir servi à justifier la réforme de l’ISF puis le choix de ne pas augmenter l’impôt sur les sociétés, la convergence est aujourd’hui réquisitionnée pour assurer la défense de l’euro. Mais aussi nécessaire qu’elle soit, elle n’en constitue pas pour autant un projet politique.

Si jusqu’à présent, aucune tentative de grande ampleur – on pense notamment à l’assiette commune pour l’impôt sur les sociétés (ACCIS) – n’a abouti, c’est principalement parce que vouloir faire converger la fiscalité sans faire converger les modèles économiques et sociaux n’est pas possible. Or nous quittons là le domaine du slogan pour entrer en terrain miné.

Les Français ne connaissent pas la langue allemande, et l’apprennent de moins en moins. Ils ne vont pas non plus en Allemagne faire du tourisme. Ils préfèrent l’Espagne et l’Italie. Et voilà qu’on leur demande de devenir un peu Allemands.

Couvrez cette Allemagne que je ne saurais voir

Les Français ne connaissent pas la langue allemande, et l’apprennent de moins en moins. Ils ne vont pas non plus en Allemagne faire du tourisme. Ils préfèrent l’Espagne et l’Italie.

Lors de ses vœux, le président de la République a émis l'hypothèse d'une réforme fiscale française s'appuyant sur le modèle allemand. L'application de ce modèle serait-il gage d'efficacité pour la France ou s'agit-il plutôt d'une façon détournée de revenir sur le bouclier fiscal et l'ISF ? Michel Taly replace la réforme de la fiscalité dans le contexte pré-électoral et en analyse les grands enjeux.