Interrogés à l’occasion d’un sondage exclusif Occurrence-Institut de l’entreprise, les Français estiment à 58 % que l’Université manque de moyens financiers et à 46 % que les enseignements dispensés dans les universités françaises sont insuffisamment adaptés au marché du travail. La faible performance des universités françaises en matière de recherche et la faible qualité des enseignements à l’université ne sont en revanche pas considérés comme des problèmes majeurs pour les Français.
Le sondage Occurrence sur « les problèmes des universités vus par les Français » met en évidence la perception par l’opinion du sous-financement des universités. Cette perception est étayée dans les faits par la dernière enquête « Regards sur l’éducation » de l’OCDE, qui fait figurer le budget par étudiant dans l’enseignement supérieur français tout juste au dessus de la moyenne de l’OCDE, mais loin derrière les Etats-Unis, le Canada, la Suisse, la Suède ou la Norvège.
S’il faut saluer à cet égard la politique de rattrapage initiée par le gouvernement avec le lancement des Investissements d’Avenir, il apparaît toutefois que les efforts budgétaires ne seront pas suffisants pour répondre aux besoins d’un système d’enseignement supérieur et de recherche performant sur le long terme.
Ceci vient confirmer l’analyse proposée par Pierre-André Chiappori qui, dans le dernier rapport de l’Institut de l’entreprise « Financement de l’enseignement supérieur : quel rôle pour les entreprises », plaide pour un nouvel équilibre entre l’investissement public, d’une part, et la contribution des ménages et des entreprises, de l’autre, dans le financement de l’enseignement supérieur français, en s’appuyant sur une étude comparative France/Etats-Unis/Royaume-Uni.
Si le rapport de l’Institut de l’entreprise encourage les entreprises à prendre conscience de leur responsabilité dans le maintien d’une recherche compétitive en France, il considère toutefois que leur soutien financier doit s’inscrire dans une logique incitative et non coercitive. Afin d’éviter toute logique « de guichet », ce soutien devrait s’adresser en priorité aux universités qui se seront le plus engagées dans la formalisation de leur stratégie en matière de recherche, et la clarification de leur structure de gouvernance. Cela passe par exemple, par la création de fondations d’université ou par le financement de chaires, comme le détaille le Professeur Chiappori dans son rapport.
Dans ce cadre, la diffusion de bonnes pratiques tant en matière de professionnalisation de la levée de fonds, du côté des universités, qu’en matière de processus de sélection des projets de recherche ou d’enseignement, du côté des entreprises (tel l’exemple du Fonds Axa pour la Recherche), pourraient permettre à moyen terme de lever des montants significatifs auprès du secteur privé tout en apportant un soutien efficace et qualitatif au processus de réforme de l’enseignement supérieur initié par la loi LRU.



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