Depuis peu, on assiste à une évolution du vocabulaire utilisé pour analyser les mesures fiscales concernant les ménages.
Jusqu’ici, on utilisait trois termes : les riches, les classes moyennes et les « ménages modestes » (expression assez maladroite mais pourtant consacrée pour désigner des ménages dont les revenus sont faibles).
Cette grille d’analyse est sructurante pour analyser les mesures fiscales : toute réforme doit forcément avantager les ménages modestes, épargner les classes moyennes et taxer les riches.
Du coup, l’absence d’une catégorie entre les riches et les classes moyennes paralyse la décision. En effet, si l’on considère que la classe moyenne va jusqu’à 10 000 € par mois, on ne peut rien faire. Et il y a abus de langage à dire qu’on est riche à partir de 4 000 € par mois !
On ne peut sortir de cette impasse qu’en ajoutant une catégorie, les ménages « aisés » (on peut même distinguer les ménages « aisés » et les « très aisés »).
C’est tout à fait évident avec la nouvelle polémique sur les retraités : si tous les retraités se sentent concernés, toute initiative sera tuée dans l’œuf avant que la discussion n’ait commencé. Or, tous les retraités n’appartiennent pas à la classe moyenne : il y en a qui sont aisés, voire très aisés. Comment justifier qu’ils paient une CSG plus faible que des salariés qui gagnent moins qu’eux ?
On ne peut donc que se réjouir du comblement du vide laissé jusqu’ici dans l’analyse des réformes fiscales par le chainon manquant entre les classes moyennes et les riches : bienvenu aux contribuables « aisés » !



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