Pour 58% des Français, l’Université manque de moyens financiers
« les problèmes des universités vus par les français » sondage occurrence pour l’institut de l’entreprise
Paris, le vendredi 7 octobre 2011 – Interrogés à l’occasion d’un sondage exclusif Occurrence-Institut de l’entreprise, les Français estiment à 58 % que l’Université manque de moyens financiers et à 46% que les enseignements dispensés dans les universités françaises sont insuffisamment adaptés au marché du travail. La faible performance des universités françaises en matière de recherche et la faible qualité des enseignements à l’université ne constituent pas de problèmes majeurs pour les Français.
La question de l’Université renvoie les Français à leurs préoccupations immédiates : les moyens financiers et l’emploi
A la question "D’après vous, quels sont les principaux problèmes auxquels les Universités françaises sont aujourd’hui confrontées ?", 58% des Français répondent « le manque de moyens financiers », que ce soit pour financer la recherche, les enseignements ou encore les infrastructures. Par ailleurs, pour 46% d'entre eux, les enseignements dispensés dans les universités françaises sont insuffisamment adaptés au marché du travail.
Le manque de moyens financiers est particulièrement souligné par les plus jeunes (63% des 18-24 ans et 70% des 25-34 ans, contre 58% pour l’ensemble de la population), les catégories populaires (71%) et les sympathisants de gauche (67%). Les 35-49 ans soulignent quant à eux davantage l’inadaptation des enseignements au marché du travail (54%, contre 46% pour l’ensemble de la population), de même que les CSP+ (55%) et les sympathisants de droite (53%).
Attractivité, complexité administrative, effectifs surnuméraires et performance des universités sont reléguées au second plan
La question de « la faible attractivité pour les enseignants-chercheurs » est citée par 24% des français (29% des CSP+.)
Vient ensuite « la complexité administrative » (21%) puis « un nombre excessif d’étudiants », cité par 19% des français.
Seulement 14% des sondés pointent du doigt « la faible performance des universités françaises en matière de recherche ». Par ailleurs, « la faible qualité des enseignements » ne constitue pas – si tant est d’ailleurs qu’elle soit avérée – un problème majeur pour les universités selon les Français.
Méthodologie
Sondage exclusif Occurrence / L'Institut de l'Entreprise réalisé par téléphone les 29, 30 septembre et 1er octobre 2011 au domicile des personnes interrogées. Echantillon national représentatif de 1 007 personnes âgées de 18 ans et plus, constitué d'après la méthode des quotas (sexe, âge, profession du chef de ménage), après stratification par région et catégorie d’agglomération.
Commentaire de l’Institut de l’entreprise sur le sondage
Le sondage Occurrence sur « les problèmes des universités vus par les Français » met en évidence la perception par l’opinion du sous-financement des universités. Cette perception est étayée dans les faits par la dernière enquête « Regards sur l’éducation » de l’OCDE, qui fait figurer le budget par étudiant dans l’enseignement supérieur français tout juste au dessus de la moyenne de l’OCDE, mais loin derrière les Etats-Unis, le Canada, la Suisse, la Suède ou la Norvège.
S’il faut saluer à cet égard la politique de rattrapage initiée par le gouvernement avec le lancement des Investissements d’Avenir, il apparaît toutefois que les efforts budgétaires ne seront pas suffisants pour répondre aux besoins d’un système d’enseignement supérieur et de recherche performant sur le long terme.
Ceci vient confirmer l’analyse proposée par Pierre-André Chiappori qui, dans le dernier rapport de l’Institut de l’entreprise « Financement de l’enseignement supérieur : quel rôle pour les entreprises », plaide pour un nouvel équilibre entre l’investissement public, d’une part, et la contribution des ménages et des entreprises, de l’autre, dans le financement de l’enseignement supérieur français, en s’appuyant sur une étude comparative France/Etats-Unis/ Royaume-Uni.
Si le rapport de l’Institut de l’entreprise encourage les entreprises à prendre conscience de leur responsabilité dans le maintien d’une recherche compétitive en France, il considère toutefois que leur soutien financier doit s’inscrire dans une logique incitative et non coercitive. Afin d’éviter toute logique « de guichet », ce soutien devrait s’adresser en priorité aux universités qui se seront le plus engagées dans la formalisation de leur stratégie en matière de recherche, et la clarification de leur structure de gouvernance. Cela passe par exemple, par la création de fondations d’université ou par le financement de chaires, comme le détaille le Professeur Chiappori dans son rapport.
Dans ce cadre, la diffusion de bonnes pratiques tant en matière de professionnalisation de la levée de fonds, du côté des universités, qu’en matière de processus de sélection des projets de recherche ou d’enseignement, du côté des entreprises (tel l’exemple du Fonds Axa pour la Recherche), pourraient permettre à moyen terme de lever des montants significatifs auprès du secteur privé tout en apportant un soutien efficace et qualitatif au processus de réforme de l’enseignement supérieur initié par la loi LRU.




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