L'emploi des jeunes, un devoir pour les entreprises

27.03.20121

Progression inquiétante du chômage des 15-24 ans, multiplication des stages et des contrats temporaires : l’insertion des jeunes dans le monde du travail semble de plus en plus difficile et la crise n’a rien arrangé. La situation doit certes être nuancée, mais les entreprises ont des progrès à faire.

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A en croire les chiffres égrenés régulièrement par les statistiques officielles, les jeunes ont été les grands perdants de la crise et leur insertion dans le monde du travail s’avère de plus en plus difficile et chaotique. Le taux de chômage des 15-24 ans est ainsi passé de 18 % au premier trimestre 2008 à 22,4 % au quatrième trimestre 2011, selon l’Insee. Cela ne signifie pas toutefois que près d’un jeune sur quatre de cette tranche d’âge est au chômage car ce taux est calculé sur la population dite « active », c’est-à-dire susceptible d’occuper un emploi, en excluant donc les jeunes qui poursuivent leurs études. Or ces derniers sont de plus en plus nombreux, puisque plus de 40 % des jeunes d’une génération obtiennent désormais un diplôme de l’enseignement supérieur, contre 15 % en 1985, selon le Conseil d’orientation pour l’emploi. Au final, le nombre de chômeurs dans cette tranche d’âge atteignait 626 000 au dernier trimestre 2011 pour une population de 15-24 ans d’environ 7 millions de personnes. Soit une « part de chômage » proche de 9 %. Même ainsi relativisé, le taux de chômage des 15-24 ans n’en reste pas moins le double en France de ce qu’il est en Allemagne ou aux Pays-Bas.

Avoir ou non un diplôme

Pourquoi ces jeunes aux portes du monde du travail peinent-ils autant à s’y intégrer ? Pour Charles de Froment, auteur pour l’Institut de l’entreprise d’un rapport sur le dualisme du marché du travail, il convient de nuancer le constat. « Parler de la jeunesse comme d’une catégorie homogène est très trompeur. Il faut faire une distinction entre les diplômés du supérieur et les non diplômés. La crise récente a été violente, certes, mais assez peu pour les diplômés du supérieur. Elle a surtout touché les bacheliers simples et les non diplômés. Le bac ne protège plus. On constate également une inégalité dans la qualité des diplômes. Un BTS, un DUT ou une licence professionnelle donne plus facilement accès à un emploi stable qu’une licence générale de l’université ». Cécile Van de Velde, maître de conférences à l’EHESS de Paris, notait pour sa part, dans une interview à La Tribune en septembre dernier, que « l’écart se creuse depuis quelques années entre ceux qui arrivent sur le marché du travail avec ou sans diplôme. Cela crée un véritable entonnoir vers les filières diplômantes, avec l’anxiété en toile de fond ». Pour Charles de Froment, « la proximité avec le monde du travail est importante. Le problème, ce sont les jeunes diplômé qui ignorent ou méprisent des métiers qu’ils ne connaissent pas, qui peinent à trouver du travail et qui véhiculent ensuite un discours catastrophiste ».

Un long sas d’entrée

Les années de « galère » décrites par certains jeunes à l’entrée du monde du travail, avec multiplication des stages et autres emplois précaires, existent bel et bien pour nombre de postulants. Une période mal vécue car le manque d’emploi stable entraine souvent l’impossibilité de se loger. Pour Cécile Van de Velde, « un long sas d’entrée a été institutionnalisé, avant l’accès à une stabilisation professionnelle ». Une période dont la durée dépend fortement du niveau de formation : 60 % des diplômés du supérieur démarrent par un contrat précaire, mais ils ne sont plus que 30 % dans ce cas après deux ans, selon une étude de l’Institut de recherches économiques et sociales. Pour les jeunes peu ou pas diplômés, en revanche, la proportion s’élève à 80 % au départ et à 60 % au bout de deux ans et demi. « Les jeunes accèdent plus lentement qu’autrefois à un emploi stable, convient Charles de Froment, qui se veut néanmoins optimiste. La période d’insertion est un peu longue, mais elle se fait ».

En finir avec les mauvaises habitudes

Comment accélérer cette entrée vers un emploi stable ? En favorisant sans doute les liens entre monde de l’éducation et monde du travail. L’alternance, notamment, qui a largement fait ses preuves en Allemagne, est de plus en plus plébiscitée par les entreprises. Et certains grands groupes ou PME n’hésitent pas à ouvrir leurs propres écoles pour former les jeunes aux compétences dont elles ont besoin. Au-delà, l’entreprise doit apprendre à s’ouvrir à des profils différents de ceux qu’elle a l’habitude de recruter. Danone s’est déjà engagé dans cette voie, en partenariat avec Auchan et L’Oréal. Enfin, c’est peut-être une culture qu’il faut apprendre à changer. « En France, en période de crise, les entreprises ont deux réflexes : geler les embauches et remercier leur volant de salariés flexibles », constate Charles de Froment. Dans les deux cas, ce sont les jeunes qui sont ainsi sacrifiés.

Alors que le taux de chômage des jeunes a augmenté de près de 3 % sur un an, il semble grand temps que l'entreprise prenne conscience du rôle et de la responsabilité qui doivent être les siens en termes d'insertion des jeunes sur le marché du travail.

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UN COMMENTAIRE

Madeliz

09 / 08 / 2012

Hausse des taux qui est de9je0 bien pre9sente. Ces dernieres sienmaes ont d'ailleurs efface9 plusieurs mois de baisse. Face e0 cette tendance, la solvabilite9 des me9nages se voit de nouveau menace9e.

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Auteur

Journaliste

Ingénieur de formation et passée par l'enseignement, Odile Esposito débute sa carrière de journaliste à l'Usine Nouvelle, dont elle finira par prendre la rédaction en chef, avant d'intégrer les Echos, où elle dirigera notamment la rédaction du site internet, puis la Tribune, au poste de rédactrice en chef Industrie et Services puis Editos/Opinions. Désormais freelance, elle collabore à la rédaction de Débat&co.

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