Retrouver le sens du long terme : c’est une nécessité qui s’impose à l’Etat comme aux entreprises pour favoriser l’émergence d’une croissance plus durable.
Au cours des dernières années, la temporalité dans laquelle s’inscrit l’activité des entreprises s’est contractée. Manifestation la plus visible, l’accroissement de la volatilité des cours sur les marchés financiers n’est en réalité qu’un symptôme parmi d’autres. En arrière-plan, la mondialisation a accéléré la diffusion des informations, des techniques et des modèles d’organisation. Elle a également conduit à une intensification de la concurrence, qui s’est accompagnée d’un raccourcissement des cycles d’innovation, de marketing et d’investissement. Enfin, dans des entreprises soumises à un impératif de réactivité, les modes de management et de communication se sont imprégnés d’un sentiment d’urgence. S’il ne saurait être fait grief aux entreprises d’accorder de la considération au « temps court », leur activité se décomposant en des temporalités variées qu’il leur revient de savoir faire coexister, la crise a démontré les effets pervers qui peuvent être associés au « court-termisme » quand ce dernier conduit à satisfaire des objectifs immédiats au détriment de l’intérêt de l’ensemble des parties prenantes.
La puissance publique n’est pas épargnée par la pression du court-terme. Le raccourcissement des mandats électoraux renforce la pression de l’opinion et des médias sur l’action politique, la politisation croissante des nominations dans la haute fonction publique et le rôle renforcé des cabinets ministériels réduisent le champ d’action de l’administration, tandis que les outils traditionnels de planification ont été peu à peu abandonnés.
Dans ce cadre, la conduite dé réformes structurelles, nécessaires pour relancer le cycle de croissance et réinscrire les entreprises dans un environnement compétitif, est une gageure qui ne pourra être surmontée qu’en recréant les conditions d’élaboration d’une vision partagée des priorités de long terme entre la sphère publique, les entreprises et la société civile.
Les articles
15.11.20111
Pendant la crise, l'avenir continue !
Par Les animateurs de l'Observatoire du long terme
La crise appelle des réponses immédiates en matière sociale et économique. Mais elle est surtout le symptôme d'une surdose de court-termisme : avoir cru que les entreprises ou l'immobilier pourraient rapporter durablement 15 % avec une croissance de 3 %. Avoir cru que les déficits publics pouvaient durablement s'accumuler sans que les prêteurs s'en soucient. Pour sortir définitivement de la crise, c'est cette logique qu'il faut inverser.


