Retrouver le sens du long terme : c’est une nécessité qui s’impose à l’Etat comme aux entreprises pour favoriser l’émergence d’une croissance plus durable.
Au cours des dernières années, la temporalité dans laquelle s’inscrit l’activité des entreprises s’est contractée. Manifestation la plus visible, l’accroissement de la volatilité des cours sur les marchés financiers n’est en réalité qu’un symptôme parmi d’autres. En arrière-plan, la mondialisation a accéléré la diffusion des informations, des techniques et des modèles d’organisation. Elle a également conduit à une intensification de la concurrence, qui s’est accompagnée d’un raccourcissement des cycles d’innovation, de marketing et d’investissement. Enfin, dans des entreprises soumises à un impératif de réactivité, les modes de management et de communication se sont imprégnés d’un sentiment d’urgence. S’il ne saurait être fait grief aux entreprises d’accorder de la considération au « temps court », leur activité se décomposant en des temporalités variées qu’il leur revient de savoir faire coexister, la crise a démontré les effets pervers qui peuvent être associés au « court-termisme » quand ce dernier conduit à satisfaire des objectifs immédiats au détriment de l’intérêt de l’ensemble des parties prenantes.
La puissance publique n’est pas épargnée par la pression du court-terme. Le raccourcissement des mandats électoraux renforce la pression de l’opinion et des médias sur l’action politique, la politisation croissante des nominations dans la haute fonction publique et le rôle renforcé des cabinets ministériels réduisent le champ d’action de l’administration, tandis que les outils traditionnels de planification ont été peu à peu abandonnés.
Dans ce cadre, la conduite dé réformes structurelles, nécessaires pour relancer le cycle de croissance et réinscrire les entreprises dans un environnement compétitif, est une gageure qui ne pourra être surmontée qu’en recréant les conditions d’élaboration d’une vision partagée des priorités de long terme entre la sphère publique, les entreprises et la société civile.
Les articles
Menace sur la compétitivité : en Chine, à l'Est ou à l'Ouest ?
Par Vincent Champain
La « TVA sociale » lie une baisse ciblée des prélèvements, et son financement par la TVA. La première est une mesure de compétitivité, alors que la seconde est un choix de financement parmi d'autres.
Quelle politique de l'emploi pour demain ?
Par Vincent Champain
Hissée au rang de « chantier prioritaire » par Nicolas Sarkozy, la formation professionnelle pourrait, en cas de réélection, faire l’objet d’un « Comité national qui identifierait chaque année avec les chefs d’entreprise, les syndicats, les régions et l’Etat, les formations qui préparent à l’emploi ». Une proposition du candidat UMP qui fait écho à un constat préoccupant : seuls 10 % des chômeurs sont en formation tandis que pas moins de 35 milliards d’euros y sont consacrés. L’urgence est pourtant bien là , le taux de chômage n’ayant cessé de croître pour atteindre, selon les derniers chiffres de l’Insee, 9,4 % de la population active (9,8 % départements d'Outre-mer compris). Alors vers quelle politique de l’emploi faut-il s’orienter pour espérer faire baisser le chômage en France ?
Comment retrouver les chemins de la croissance
Par Vincent Champain
En mettant en évidence le rôle des « créateurs de richesse », l’approche micro-économique conduit à inverser la relation entre croissance et création d’emplois. Si elle veut échapper au destin qui la condamne, la France doit mettre un place un écosystème favorable à l’émergence de nouvelles idées, l’invention de nouveaux produits et le transfert des emplois des secteurs en déclin vers les secteurs d’avenir. Et si le retour à la croissance passait par notre capacité collective à optimiser nos ressources ?
02.01.20121
Une fiscalité punitive n’enrichit pas le peuple
Par Christian Saint-Etienne
Une réforme fiscale efficace ne s'envisage qu'à condition de répondre à trois principes généraux et ne saurait avoir comme motivation de chercher à pénaliser un groupe social en particulier.
15.11.20111
Pendant la crise, l'avenir continue !
Par Les animateurs de l'Observatoire du long terme
La crise appelle des réponses immédiates en matière sociale et économique. Mais elle est surtout le symptôme d'une surdose de court-termisme : avoir cru que les entreprises ou l'immobilier pourraient rapporter durablement 15 % avec une croissance de 3 %. Avoir cru que les déficits publics pouvaient durablement s'accumuler sans que les prêteurs s'en soucient. Pour sortir définitivement de la crise, c'est cette logique qu'il faut inverser.


 
