La France se caractérise par un mal endémique : la dérive continue des finances publiques – depuis plus de 30 ans, le budget de l’Etat est en déséquilibre – a porté le taux d’endettement public de 21,2 % en 1978 à 82,3 % en 2010. Si la crise actuelle a aggravé la situation – la dette publique s’est accrue de 14 points entre 2008 et 2010 – elle n’explique à elle seule qu’un tiers du déficit, qui reste pour l’essentiel structurel.

Cette situation tient avant tout à l’ampleur des dépenses publiques (56,6 % du PIB), qui nous placent aujourd’hui au premier rang des pays de l’OCDE, aux côtés du Danemark et de la Suède.

Trois raisons imposent aujourd’hui de s’attaquer frontalement au redressement des finances publiques, qui doit passer avant tout par la maîtrise de l’évolution de ces dépenses :

  • ne pas handicaper la croissance. La dégradation des finances publiques creuse un déficit qui, par son mode de financement, créé un effet d’éviction sur l’investissement privé ; elle porte aussi en elle la menace d’une hausse des taux qui viendrait dégrader la rentabilité des entreprises en alourdissant leur charge d’intérêt ; elle est susceptible enfin d’affaiblir davantage encore leur compétitivité si elle doit conduire à des prélèvements supplémentaires ;
  • préserver l’équité intergénérationnelle. Financer la dépense publique par l’endettement conduit à reporter la charge sur les générations futures, d’autant que cette dépense est constituée pour l’essentiel de dépenses de fonctionnement ;
  • restaurer les marges de manœuvre de l’Etat. La réduction du déficit structurel doit permettre à l’Etat de retrouver une capacité d’action en cas de récession, par l’usage de la politique budgétaire.

Si les efforts engagés jusqu’ici ont été insuffisants au regard des enjeux, la Suède comme le Canada ont montré par le passé qu’une politique volontariste d’assainissement budgétaire reste possible.

Les articles

09.02.20120

Michel Pébereau : Des dépenses publiques, oui, mais efficaces et productives

Par Charlotte Cabaton

Nul candidat sérieux à la présidentielle n'ose nier l'effort de redressement des finances publiques qui doit être opéré. Les programmes qu'ils présentent devant les Français s'attachent d'ailleurs à détailler l'ensemble des moyens que chacun compte déployer pour revenir à l'équilibre. Si, les circonstances aidant, la prise de conscience est – enfin – réelle, c'est pourtant bien avant la crise que l'alarme a été donnée. Il y a six ans, Michel Pébereau, alors président de BNP Paribas et de l'Institut de l'entreprise, remettait au ministre de l'Economie, des Finances et de l'Industrie le rapport de la Commission sur la dette publique qu'il avait présidée. Le constat était déjà sans appel, invitant sans plus attendre à "rompre avec la facilité de la dette publique pour renforcer notre croissance économique et notre cohésion sociale". Michel Pébereau dresse, pour les lecteurs de Débat&co, un bilan des six années écoulées.

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03.01.20126

Instaurer une TVA sociale n’est pas la priorité

Par François Ecalle

La priorité est aujourd’hui de rééquilibrer les comptes publics et il s’agit surtout de déterminer quels prélèvements peuvent être augmentés sans dégrader la compétitivité. Remplacer des cotisations sociales patronales par une TVA supplémentaire aurait des avantages économiques limités et cette réforme doit être renvoyée à plus tard.

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02.01.20120

Une fiscalité punitive n’enrichit pas le peuple

Par Christian Saint-Etienne

Une réforme fiscale efficace ne s'envisage qu'à condition de répondre à trois principes généraux et ne saurait avoir comme motivation de chercher à pénaliser un groupe social en particulier.

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21.11.201116

Fusionner IR et CSG est une idée dangereuse

Par François Ecalle

La fusion de l’impôt sur le revenu et de la CSG n’a aucun intérêt, constituerait une opération complexe avec des risques importants et, dans la situation budgétaire actuelle, ce n’est vraiment pas le moment de la faire.

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07.11.20116

Qui est responsable du déficit public ?

Par François Ecalle

En chiffrant, pour la première fois, l’effort de maîtrise des dépenses publiques et le montant des mesures nouvelles de hausse, ou de baisse, des prélèvements obligatoires pour chaque année depuis 1989, j’ai pu déterminer sous quelle législature, et comment, le déficit public a été aggravé ou diminué.

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