En dépit du haut niveau des dépenses sociales en France – près d’un tiers du PIB, soit l’un des niveaux les plus élevés de l’OCDE, au deuxième rang derrière le Danemark, mais devant la Suède –  le système français de protection sociale est peu favorable à la cohésion sociale.

Les caractéristiques du modèle social qui y est associé – fort poids du corporatisme, omniprésence de l’Etat – sont en effet synonymes de défiance et de relative inefficacité.

Depuis plus de vingt ans, toutes les enquêtes menées dans les pays développés montrent que les Français se méfient plus souvent que les habitants des autres pays de leurs concitoyens, des pouvoirs publics et du marché.

Du fait de son mode d’intervention et du contrôle qu’il exerce sur la distribution des ressources (et de la faible transparence des mécanismes de solidarité qui y est associée), l’État affecte la confiance de chacun envers les autres et envers les institutions. De plus, parce qu’il est organisé autour de groupements de métiers qui cherchent à faire respecter des distinctions de statuts et conditionnent les différents types de solidarité à l’adhésion à ces groupes, le modèle social français se caractérise par des inégalités relativement fortes : les prestations étant pour l’essentiel liées au statut professionnel, elles ne bénéficient que très peu à ceux qui auraient réellement besoin de la solidarité de la collectivité. Les chômeurs sont ainsi les premiers à souffrir de l'excès de la dépense, qui alourdit le coût des embauches et diminue le montant des ressources consacrées à l'emploi. De même, les ménages français souffrant de très grande pauvreté, et dont la situation pourrait être améliorée significativement par des programmes publics d'aide et de formation, bénéficient moins de la dépense publique que les classes moyennes, mieux organisées et électoralement plus fortes.

Loin de nuire à la cohésion sociale, la réduction globale des dépenses sociales est donc souhaitable. Elle devra s’accompagner d’une refonte d’ensemble du modèle social français, qui réduise la place de la puissance publique – synonyme de déresponsabilisation et de faible engagement pour les citoyens – et accorde davantage de poids à la société civile (associations, tiers secteur) et aux acteurs privés en « désadministrant » une partie des services publics afin d’en réduire les coûts et de les rapprocher des besoins de leurs bénéficiaires.

Du côté des entreprises, cette évolution ne ferait qu’entériner –  tout en le clarifiant – le désengagement de l’Etat d’un certain nombre de politiques publiques (intégration et socialisation des jeunes, logement, protection physique et sociale, égalité des chances) dont elles se sont vu progressivement transférer la charge ;  elles devront dans cette perspective se doter des moyens nécessaires pour répondre à ces nouvelles attentes, tout en s’attachant à ne pas mettre en péril la finalité économique qui doit rester la leur.

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07.11.20110

Pour 58 % des Français, l’Université manque de moyens

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Interrogés à l’occasion d’un sondage exclusif Occurrence-Institut de l’entreprise, les Français estiment à 58 % que l’Université manque de moyens financiers et à 46 % que les enseignements dispensés dans les universités françaises sont insuffisamment adaptés au marché du travail. La faible performance des universités françaises en matière de recherche et la faible qualité des enseignements à l’université ne sont en revanche pas considérés comme des problèmes majeurs pour les Français.

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02.09.20100

Développement des agences de régulation : entre résignation et renouvellement de l'intervention publique

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Le développement des agences, ou plus précisément, des autorités de régulation, est frappant aujourd'hui en France. Si elle répond le plus souvent à des bouleversements sectoriels, cette tendance souligne aussi un certain renouvellement du mode d'intervention publique.

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