La crise met à l’épreuve la cohésion des sociétés.
Elle mine la confiance tant entre les individus qu’envers les institutions, tandis que se développent les phénomènes d’exclusion, avec l’installation d’un chômage de masse qui touche avant tout les populations les plus fragiles.
Si les caractéristiques de cette « nouvelle question sociale » semblent interroger en premier lieu l’intervention publique, les entreprises ne peuvent s’en désintéresser, au risque sinon d’apparaître comme des îlots de richesse dans un environnement dégradé. Par ailleurs, la recherche d’un mode de croissance inclusif implique de faire de la cohésion sociale un facteur de compétitivité. Dans ce cadre, le rôle des entreprises en la matière est amené à s’affirmer.
L’entreprise contribue en effet naturellement à la cohésion sociale : lieu d’affiliation, elle assure la socialisation des individus par l’emploi ; créatrice de richesses, elle contribue au développement du territoire dans lequel elle s’inscrit ; porteuse enfin d’un projet commun, elle crée du collectif en canalisant des énergies individuelles autour d’objectifs partagés.
Implicite, cette contribution est devenue au cours des dernières années le fruit d’une volonté : sans rien renier de leur vocation économique, qui reste première, les entreprises ont cherché à répondre aux attentes nouvelles portées par la société. Ces attentes sont devenues d’autant plus fortes que, dans un monde plus instable et en manque de repères, l’entreprise s’est peu à peu affirmée comme la plus structurante des institutions sociales.
Dans ce cadre, trois défis attendent les entreprises pour les années à venir :
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le premier défi porte sur la redéfinition de leur contribution au progrès collectif dans le contexte d’une économie mondialisée, rendue problématique, malgré les retombées de leur activité sur leurs nouveaux territoires d’activité, par la disjonction entre le « social » – qui conserve une assise nationale – et l’ « économique » – qui s’est quant à lui mondialisé ;
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le second défi porte sur la question de l’emploi, tant dans sa dimension qualitative que quantitative, à l’heure où le retour du chômage de masse et l’exigence d’une plus grande reconnaissance au travail contribuent à faire de ce dernier une nouvelle question politique ;
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le troisième défi concerne les nouvelles attentes portées par la société : moins sociales que sociétales, ces attentes se conjuguent avec un mouvement qui voit une partie croissante des politiques publiques – égalité des chances, intégration des jeunes – transférées vers l’entreprise – annonçant ainsi un remodelage des frontières public/privé.
Les enjeux
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