Vents contraires
16.11.20110
Au PS, après l’ère des primaires, voici venu le moment de l’ère secondaire : en effet Hollande affronte maintenant les membres du Jurassic Park du parti.
Le programme socialiste adopté il y a moins d’un an rappelle le personnage de la pièce d’Eugène Ionesco, Amédée ou comment s’en débarrasser. Dans cette pièce, les héros cherchent à se défaire d’un cadavre d’autant plus encombrant qu’il double régulièrement de volume. Le programme officiel du PS obéit à la même règle : tout le monde en est désormais d’accord, il est à l’état de cadavre. Mais il occupe l’espace et sa capacité de nuisance double sans cesse. Cela tient en particulier à ce que le Jurassic Park socialo veille au grain. Ainsi, parlant des 60 000 créations d’emplois d’enseignants promis naguère par Hollande, Jack Lang, toujours sur le pont, va partout répétant: « Tel un roc, le plan sera maintenu contre vents et marées. Il sera le symbole de la détermination absolue de notre candidat à engager une transformation profonde de l’école »
Dans ce combat, Montebourg est devenu un allié objectif de Hollande. Il réclame qu’aux législatives qui suivront la présidentielle, le PS ne présente plus de candidats de plus de 70 ans. Hollande serait manifestement plutôt pour, mais les dinosaures n’ont pas l’intention de se faire exterminer sans réagir.
Cette opposition interne sourde qui joue les gardiens du temple socialiste est renforcée par les attaques des alliés traditionnels du PS. Les Verts réclament l’abandon par le PS de l’EPR de Flamanville et surtout de suffisamment de circonscriptions législatives pour constituer un groupe à l’Assemblée. Si l’opinion de la direction du PS sur le nucléaire est fluctuante, sur la possibilité de donner une minorité de blocage aux écolos dans la prochaine assemblée, elle est unanime : il n’en est pas question. D’où un bras de fer de plus en plus tendu.
Quant à Jean Luc Mélenchon, il adopte un ton vis-à-vis de Hollande franchement désagréable, le traitant de « capitaine de pédalo dans la tempête »… Formule choc qui prépare le discours de campagne de l’extrême gauche : quitte à avoir une politique d’austérité assez classiquement de droite, autant laisser la droite faire le travail… Pour reprendre une formule du personnage du Directoire qui inspire l’auteur de cette chronique « parmi les jacobins, il y avait ceux qui disaient ce qu’ils croyaient : ils ont été tués par Robespierre ; il y avaient ceux qui croyaient ce qu’ils disaient : ils ont été tués avec Robespierre ; il n’y a plus maintenant que ceux qui disent n’importe quoi parce qu’ils croient n’importe qui ». Les jacobins d’hier sont les communistes et les trotskistes d’aujourd’hui, qui sont tout autant déterminés qu’autrefois à détruire la gauche modérée.





VOUS AUSSI RÉAGISSEZ