200 !
16.11.20110
Les coulisses de la majorité ne résonnent que d’un chiffre en ce moment.
Le montant de la dette française ? Non. La cote de popularité de Nicolas Sarkozy ? Oui… mais non. Les sommes déboursées en parties fines par certains notables lillois ? Non plus.
Le chiffre du jour, c’est 200, plus exactement : 200 heures. C’est le temps de parole concédé par le Parti socialiste à l’UMP après la sur-exposition médiatique des primaires. CSA dixit.
C’est une autoroute trois fois quatre voies qui s’ouvre devant des responsables politiques frustrés d’apparitions, témoins presque muets qu’ils furent de la déferlante socialiste.
« Ah, si on avait deux heures, ou vingt heures, on saurait quoi en faire, soupirent certains. Mais deux cents ! »
Les idées fusent.
« Il faut faire main basse sur les médias, raconter notre vision des choses ! » clament les uns. « C’est quoi notre vision des choses? » demandent les autres.
Il est vrai qu’avec un Président qui n’est pas candidat, un embryon de programme dûment hué à Marseille, une crise financière dont on ne voit pas très bien quoi dire sinon qu’elle est grave et que décidément elle révèle à quel point les marchés financiers sont méchants avec leurs créanciers, la matière est maigre. Quelques échappées solitaires du type Bruno Le Maire déclarant que « nous sommes en guerre contre les marchés financiers » (combien de divisions ?) font un flop assez sidéral.
« Et si nous aussi on faisait comme les socialos, avec une brochette de vedettes UMP montrant à quel point nous avons réfléchi, imaginé, à quel point nous sommes riches de personnalités diverses et sympas comme tout, à une heure de grande écoute ? »
Certes, mais sans vote-verdict, l’enjeu est faible. Et le risque est grand de faire des scores d’audimat limités, dont l’opposition tirerait aussitôt parti. Et puis, il est tout sauf certain que les cadors de l’UMP acceptent de diluer leur parole dans celle de leur voisin. Jouer collectif, ça ne s’improvise pas.
Non, en somme, il n’en reste qu’un pour se dévouer.
Un qui n’a pas peur du débat, n’a pas peur d’exposer un léger manque d’idées, un qui adore qu’on lui demande de commenter l’actualité politique, et un surtout qui n’a aucune envie de se laisser déborder par les petits ambitieux qui réclament leur part des 200 heures. Cet homme, c’est Jean-François Copé.
Déjà il coche toutes les cases des grilles des programmes susceptibles d’accueillir sa parole kilométrique. Objectif : aller partout, tout le temps, faire de la présence, de l’obstruction, parader, ferrailler, distribuer les bons et les mauvais points, apparaître, de publier, de démultiplier. 200 heures, ce n’est rien pour un tel appétit.
Vous avez aimé les Primaires ? Vous adorerez le Copéthon.





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