Il existe derrière l'idée que le président de la République et le gouvernement se font de la politique industrielle un mythe potentiellement destructeur qui consiste à considérer comme vertueux l'investissement productif public. Outre le fait qu'il est discutable de voir en la puissance publique le meilleur pilote pour le secteur industriel, on peut légitimement redouter, a fortiori au vu de la situation de nos finances publiques, l'impact en termes de coûts qu'une telle orientation politique aura nécessairement. Car, comme le rappelait utilement Jean-Marc Daniel au moment du grand emprunt Sarkozy, quand bien même elle financerait des investissements, la bonne dette n'existe pas.
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La liste des idées fausses sur la dette publique est longue. Une des plus communes consiste à affirmer qu'il y aurait une bonne dette, celle qui finance les investissements, et une mauvaise, celle qui finance le fonctionnement.
Cette idée repose sur un tropisme courant consistant à vouloir analyser l'Etat comme une entreprise. Elle ignore la substance même de la dépense publique. Les économistes rappellent régulièrement que le salaire d'un chercheur qui prépare la croissance est du fonctionnement, alors que la construction d'un pont sur une route ne menant nulle part est comptabilisée en investissement. Vouloir identifier l'Etat à une entreprise conduit à une double méprise : d'abord ne pas voir que l'entreprise sait quand elle se trompe dans ses investissements. Elle se trompe quand ses concurrents, par l'adoption de nouveaux procédés de production, lui prennent des parts de marché et l'acculent à la faillite. L'Etat n'est jamais dans cette situation.
L'Etat n'est pas une entreprise
Ensuite, ne pas comprendre que le rôle économique de l'Etat est, comme le rappelait Musgrave qui fut le grand théoricien des finances publiques du siècle dernier, de gérer ce que l'on peut appeler du terme générique d'externalités, c'est-à-dire pour faire simple, tous les mécanismes que les entreprises privées ne sont pas à même d'assumer. Si une activité publique peut rentrer dans une logique de marché, la bonne solution n'est pas d'en calculer la rentabilité pour la financer par des emprunts, mais de la privatiser. Un des derniers avatars de la vision de l'Etat devant chercher modèle dans la gestion des entreprises est la laborieuse opération de rédaction d'un bilan de l'Etat. Déjà, les révolutionnaires de 1789 s'y étaient essayés. Tout s'est arrêté sur l'ordre de l'équivalent du directeur de cabinet de Clavières, le ministre des Finances de 1792, ce directeur de cabinet ayant considéré que cette opération était un non sens économique. Comme il s'appelait Jean Baptiste Say, cela vaut le coup d'y réfléchir. Say argumentait en insistant sur le fait que chacun a ses spécificités : l'Etat rend un service et est éternel, l'entreprise vend un produit et est susceptible de disparaître. Dans ses conditions, l'Etat ne doit pas copier les entreprises, mais doit améliorer dans l'absolu ses performances.
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LES 2 COMMENTAIRES
Gépé001
16 / 07 / 2012
L'énergie doit être associée au travail pour financer les prestations contributives(chomage,retraites).Soyez le premier à proposer ce principe puisque Jean-Marc Jancovici n'ose pas le faire!
CLEMENTE
20 / 11 / 2012
Je ne suis pas tout à fait d'accord avec vous, la dette lorsqu'elle sert à financer l'avenir
ou des équipements peut être un bon moyen de financement, c'est l'excès de dette (tout comme le cholesterol) qui peut être néfaste pour un état ou pour une entreprise.
Les entreprises s'endettent pour financer des investissments qui généreront des cash flow futur pourquoi les
états ne font pas de même