Face aux difficultés croissantes des ménages pour se loger, ce gouvernement, comme ceux qui l'ont précédé, imagine d'utiliser de vieilles recettes dirigistes qui ont par le passé fait la preuve de leur nocivité, au premier rang desquelles un renforcement du contrôle des loyers1 actuellement en vigueur. Or l’examen critique des politiques successives du logement amène cette question : les remèdes prescrits par l’Etat médecin n’auraient-il pas à chaque fois aggravé les maux qu’ils devaient apaiser ?
Il n'y a pas de marché aujourd'hui plus distordu par l'intervention publique que le logement. La preuve : face à la montée des loyers en zones dites "tendues", un marché libre provoquerait une ruée des offreurs soucieux de venir réaliser de bonnes affaires. Mais les réglementations et chausses trappes juridiques ou fiscales ont dégouté nombre d'investisseurs de venir proposer des services de logement à la population. Autre paradoxe: dans ces mêmes zones tendues, il y a environ 400 000 appartements laissés volontairement vacants par leurs propriétaires, qui préfèrent voir leur capital ne pas fructifier plutôt que de risquer de le voir occupé par un mauvais locataire surprotégé par la loi. Enfin, la massification du logement social promue depuis les années 50 a entrainé l'édification d'horreurs suburbaines dont les effets pervers se font aujourd'hui ressentir bien au delà des seuls aspects économiques.
L'Etat, au lieu de constater l'échec de ses interventions, rend "le marché" responsable de tout problème, et imagine de nouvelles interventions. Entre politique de la ville ou du logement social et carottes fiscales privées, on dénombre plus de 50 dispositifs d'intervention publics, dont le coût atteint 35 milliards d'euros2. Et le logement est toujours en crise...
Un marché libre pour faire chuter les prix
Et si nous faisions confiance au marché ? Si nous libérions massivement le foncier constructible dans les très nombreux endroits où aucun enjeu environnemental majeur ne s'y oppose, ce qui en ferait chuter le prix ? Si nous cessions de multiplier les aides aux logement, qui ne font qu'alimenter la bulle foncière, en contrepartie de réduction considérables des impôts spécifiques touchant ce secteur, comme les droits de mutation les plus chers d'Europe ? Et si nous avions le courage de reconnaître, comme au Canada, que le propriétaire victime d'impayés doit récupérer son logement en moins de 60 jours, hiver compris ? Là bas, les logements volontairement laissés vacants par leurs propriétaires sont une incongruité.
Ce faisant, nous redonnerions confiance à nombre d'investisseurs et de propriétaires, et nous rétablirions un bon niveau de concurrence entre offreurs de logement, seul moyen pérenne de concilier une offre abondante et des prix contenus. Nous limiterions ainsi les besoins d'intervention sociale de la collectivité aux familles en réelle situation d'urgence3.
Et à ceux qui invoquent les dangers de cette liberté, comme par exemple les risques "d'étalement urbain" ou de raréfaction des terres arables, répondons que quand bien même leurs craintes seraient fondées – et un minimum d’examen critique montre qu’elles sont très largement surfaites– les dangers de l'intervention publique sont bien plus graves: logement cher, ménages modestes en incapacité croissante d’occuper un logement décent, développement des sans domicile fixe et spirale de la ségrégation sociale par le logement.
Notes
1. Déjà dénoncé dans ces colonnes.
2. Source : rapport de l'IREF sur le logement social, 2011.
3. L'auteur développe ces idées dans un ouvrage désormais disponible gratuitement, Logement, crise publique, remèdes privés.




LES 12 COMMENTAIRES
Anonyme
04 / 07 / 2012
Rarement lu un tel ramassis de contre-vérités et de déformations :
le logement social des années 50 a permis de supprimer les bidonvilles des portes de paris, la situation s'est justement dégradé lorsque ces personnes ont pu acquérir des logements pour eux-mêmes et ont laissé sur place les plus pauvres.
400 000 logements vacants alors que le nombre de logements de Paris a été estimé à 1 336 209 ! quelle crédibilité pour ce chiffre ?
Libérer le foncier, très belle expression mais qui veut dire quoi ? permettre de densifier le bâti en ville ? Paris est une des villes les moins "aéré" d'europe. Pour libérer du foncier, il faut juste créer des transports performants.
L'étalement urbain et la perte de terres arables est un fait reconnu qui doit être maitrisé pour réduire l'empreinte écologique des français.
L'idéologie libérale c'est bien, si elle prend en compte la réalité c'est mieux !
Goufio
08 / 07 / 2012
A anonyme, l'idéologie libérale existe dans l'imaginaire des crétins qui n'ont jamais rien lu à son propos. Aussi commençons tout de suite par son origine. Le Libéralisme est une théorie du droit. Du droit de propriété sur sa propre personne né en France de la révolution de 1789. CQFD
Goufio
08 / 07 / 2012
Juste pour faire connaissance un petit peu. Le Libéralisme c'est la Liberté de l'individu, sa Resonsabilité et son Droit de Propriété. Pour l'idéologie, on peut dire qu'il s'agit d'une doctrine politique qui propose un système d'explication du monde qui est accepté sans réflexion critique. En toute amitié.
pianobar
14 / 06 / 2012
Il y a quand même un bémol : les marchés totalement libres restent des modèles théoriques. Dans la réalité, pour différentes raisons, la concurrence est imparfaite. Or, quand la concurrence est imparfaite, les abus surgissent. Et c'est le rôle du politique d'en corriger les excès.
yoyo6063
15 / 06 / 2012
Une conccurence impartaite est généralement le signe d'une intervention de l'état..., donc comme à l'accoutumée l'état passe son temps, et notre argent, à corriger les effets pervers de ses interventions précédentes...
Barique
20 / 06 / 2012
Le nombre de SDF a Paris a explosé ces dernière années. Suis-je le seul à prendre les transports publiques parisiens et à m'en appercevoir ?
Grabinoulor
04 / 07 / 2012
L'argumentation peut aussi résulter d'un simple calcul. L'état prélève depuis le 1/07 15,5% du loyer sous forme de cotisations sociales, auxquelles s'ajoute l'impôt sur le revenu. Il perçoit donc, pour un foyer fiscal dont la tranche marginale est de 30%, 45,5% du loyer , 56,5% dans le cas des ménages dont la tranche marginale est de 41%, et si l'on tient compte de l'ISF calculé sur la valeur du bien, cela dépasse l'imagination. Exemple : un studio à Paris (150 000€) loué 700 € mensuels nets de charges : 108,5 de prélèvements sociaux, 210 € ou 287 € d'IR, 1500 € annuels pour un ISF à 1% ; l'état encaissse donc de 318,5 à 520,5 € pour un loyer de 700 € !.
On peut donc dire que c'est l'Etat qui est responsable de la cherté des logements.
admin
04 / 07 / 2012
L'argumentation peut aussi résulter d'un simple calcul. L'état prélève depuis le 1/07 15,5% du loyer sous forme de cotisations sociales, auxquelles s'ajoute l'impôt sur le revenu. Il perçoit donc, pour un foyer fiscal dont la tranche marginale est de 30%, 45,5% du loyer , 56,5% dans le cas des ménages dont la tranche marginale est de 41%, et si l'on tient compte de l'ISF calculé sur la valeur du bien, cela dépasse l'imagination. Exemple : un studio à Paris (150 000€) loué 700 € mensuels nets de charges : 108,5 de prélèvements sociaux, 210 € ou 287 € d'IR, 1500 € annuels pour un ISF à 1%. l'Etat encaisse donc de 318,5 à 520,5€ (près de 75% !) de prélèvements obligatoires pour un loyer de 700 € !
On peut donc dire que c'est l'Etat qui est responsable de la cherté des logements.
Pascale
28 / 07 / 2012
@ anonyme. Puisque l'État, qui ponctionnait moins la richesse produite pas les Français dans les années 60 (aujourd'hui on en est à 56%, il a infiniment plus de moyens qu'alors), a été capable à cette époque de régler le problème du logement, comment se fait-il qu'il n'y arrive plus en 2012 avec tout le fric qu'il vole aux citoyens ?
Si l'État était la solution ça se saurait. Or on s'aperçoit que plus l'État fourre son nez partout et plus il grossit, plus las Français s'enfoncent dans la misère. Une URSS bis en quelque sorte.
La réalité en grandeur nature on l'a eue avec l'URSS et on l'a encore avec la Corée du Nord ...
Vishal
09 / 08 / 2012
dit :Il y avait un truc dans l'article qui me de9rangeait et je crois que je viens de mettre le doigt deusss :Cet article est en fait une pub de pe2te a tartiner ! Mais si vous savez celle ou la jolie petite fille blonde mange une grosse tartine de joli pain avec un pot e0 moitie9 vide (la paroi du pot vide est comple8tement propre alors que chez moi ya de la pe2te et des coups de couteau pour racler !!)Explication : faut arreater de vouloir le beurre, l'argent du beurre et le cul du cre9mier. Bien fait pour celle qui se retrouve comme des cruches sans orgasmes, sans jouir, voir meame sans rien. Oui c'est cruel mais peut eatre arreateront elle de croire qu'un bon amant se trouve a tout les coins de rue. Il y a une logique de consommation derrie8re le plan cul. Je veux la ce soir, sans trop me fouler, [filtered word]. Et bien il faut s'attendre a ce que la qualite9 du produit sois proportionnelle e0 l'investissement. Faut pas croire qu'en face la personne va s'investir si les termes de contrat sont ceux d'un plan cul. C'est moche mais c'est comme e7a. Je mettrais cet article en vis a vis avec celui sur le romantique de la bite. J'ai adore9 cet article car il utilisait les concepts de plaisir, de couple et d'investissement d'une fae7on synthe9tique. Pour une fois dans un article, on pouvait lire qu'un mec pouvait exprimer son e9moi par la [filtered word]. Enfin un article ou l'e9motion e9tait incarne9 (e9ros) et pas coupe9 du corporel (agape). Enfin un article ou le cul e9tait un investissement e9motionnel. Pas de gratuite9 de la relation, une [filtered word] e0 haute valeur e9motive ajoute9, une relation corporel assume9 qui ne s'embarrassait pas de ce9re9bralite9 psychanalytique, de re9flexion politique sur le genre. Pas de blabla ou la relation sexuelle e9tait mise sur un autre plan que celui de l'e9motion, de l'instant. Alors que dans celui ci, retour en arrie8re. C'est le retour du plan cul comme liberte9 (juridique) absolue mais qui demande un droit au plaisir. C'est le retour d'une [filtered word] e9conomique contractuelle ou l'on re9clame un (non)dfb suite e0 un (non)investissement. C'est de la [filtered word] fe9ministe marxiste ou le droit au plaisir devient l'enjeu d'une lutte de pouvoir entre deux genres un soir de turlutte ., euh de dure lutte. Alors non la re9volution cul(turel) n'est pas la solution. Je ne crois pas qu'il faille e9duquer les jeunes gens e0 plus de courtoisie au lit. Celles et ceux qui se reconnaissent dans ce mode8le y viendront, pour les autres tant pis. La liberte9 de couche9 sur un coup de teate doit eatre assumer jusque dans ses conse9quences les plus de9sagre9ables, jusque dans le fait d'eatre prise pour une [filtered word]. c7a s'appelle eatre responsable. Faut pas confondre libertinisme et libe9ralisme sexuel apre8s tout Alors oui certains mec vous laisserons comme des [filtered word] et ne prendrons pas le temps de se souvier de votre plaisir. Non ce ne sont pas des [filtered word], car au fond, vous ne vouliez pas vous embarrasser d'un romantique de la bite ce soir le0