Le modèle gagnant de la gestion de l’eau à la française

03.05.20120

Le Forum mondial de l’eau, qui s’est tenu à Marseille le mois dernier, donne l’occasion de s’interroger sur la solidité du modèle français de la concession à l’heure où l’eau devient un enjeu géopolitique de premier plan.

D’ici 20 ans, le monde devrait compter 1,5 milliard d’habitants supplémentaires – dont 300 millions pour la seule Chine – et voir la population urbaine passer de 50 % à 70 % de la population mondiale.

Les mégapoles de plus de 10 millions d’habitants qui devraient alors voir le jour auront des besoins exponentiels en services urbains, et prioritairement en eau. Or, le changement climatique, l’assèchement des nappes phréatiques et la vétusté des réseaux urbains réduisent progressivement l’accès à l’eau et rendent les enjeux de maîtrise des ressources aquifères de plus en plus aigus : entre Israël et les pays arabes, entre l’Egypte et l’Ethiopie, entre les pays du bassin himalayen…

La question du prix de l’eau devient dès lors essentielle. Ce prix doit refléter le service que constituent le prélèvement, le traitement, la distribution et l’épuration, tout en étant adapté aux capacités contributives des populations desservies. Or, comme toute ressource dans un univers contraint, il est amené à croître malgré les progrès technologiques.

Atouts français

Forte de son modèle unique de la concession, la France dispose aujourd’hui des entreprises les plus performantes dans la gestion de l’eau avec Veolia, Suez environnement, Saur et Séché environnement qui ont remportés de nombreux marchés internationaux: les eaux d’Alger, de Casablanca ou de Jeddah pour Suez environnement ; le contrat des eaux de la ville de Nagpur pour Veolia Water, premier contrat de concession en Inde ; le contrat de concession des eaux de La Mecque en Arabie Saoudite pour le groupe Saur.

Pourtant, et malgré la tenue du Forum mondial de l’eau à Marseille, la France n’est pas assez présente dans la « diplomatie de l’eau » (influence dans les think tank, relations avec les entreprises, réflexion sur les enjeux des grands bassins…). Et, sur son propre marché national, ce modèle de la concession qui fait ses preuves à l’international est remis en cause  par des communes, y compris Paris, souhaitant « remunicipaliser » la gestion de l’eau, par ailleurs touchée de plein fouet par  la crise des dettes souveraines qui n’épargne aucun investissement public.

Alors que l’eau représente un bien public mondial dont la valeur est croissante en raison de l’évolution démographique et de l’urbanisation, il est primordial, pour remporter les futurs contrats d’eau, notamment dans les pays émergents, que la France ne passe pas à côté de ses atouts : maîtrise parfaite des technologies et du système de la concession.

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