Nicolas Sarkozy ou le complexe de Macbeth
30.01.20121
Les déclarations récentes de Nicolas Sarkozy sur son avenir personnel en cas de défaite ont jeté de l’huile bouillante sur un incendie qui déjà faisait rage.
Depuis plusieurs semaines déjà, le calendrier d’entrée en campagne du putatif candidat UMP est l’objet, chez les cadres du parti, de toutes les inquiétudes et de tous les fantasmes. Les effets de manche du candidat Hollande au Bourget ont certes été absolument sans effet dans les sondages, les socialistes se vantent que l’ « inquiétude [ait] changé de camp » – manière subliminale de dire qu’elle était auparavant dans le leur…
N’importe, la peur panique qui avait démobilisé les esprits lors de la perte du triple A a refait surface après le Bourget, et s’est envenimée avec les déclarations (mal comprises, mais peu importe) du président de la République.
A tel point qu’une campagne est en cours pour proposer un plan B : si les sondages calent, si le président tarde à entreprendre une campagne qu’on prédit pénible et violente, pourquoi ne pas présenter un candidat qui fédère plus efficacement un supposé peuple de droite ? Pourquoi ne pas choisir François Fillon ? Ou Alain Juppé ? Les orphelins de Jacques Chirac qui avaient à grand’ peine admis l’irrésistible ascension d’un fils félon ne sont pas longs à souhaiter rendre leur sceptre aux fils légitimes.
Certains vont plus loin, en proclamant à qui veut l’entendre que Nicolas Sarkozy ne sera pas candidat et laissera sa place à un autre : le report désastreux des voix du FN, la montée de Bayrou, la résistance de Hollande dans les sondages (rappelons-nous qu’il était supposé atterrir autour de 25 % en janvier or il se maintient bien au-dessus) pourraient décourager le Président d’aller au combat et, soucieux de s’épargner l’humiliation, le conduiraient à laisser l’UMP choisir un autre champion. Dominique de Villepin n’est pas le dernier à faire circuler ce scénario, dont il pense peut-être qu’il le propulserait au rang d’homme providentiel. Il est vrai que les 2 % d’intention de vote dont il bénéficie laisseraient dubitatif plus d’un mégalomane, mais notre poète-albatros évolue dans d’autres empyrées.
Les attentes qu'ont suscitées les déclarations du président de la République dimanche soir sont à l’aune de ce bruit de fond. Cinq ans après son entrée à l’Elysée, Nicolas Sarkozy n’en aura donc jamais fini de se présidentialiser, Macbeth élyséen essuyant en vain les traces de sang souillant ses mains meurtrières.
UN COMMENTAIRE
I-Cube
13 / 02 / 2012
Bien vu !
Sauf que pour tous les seconds couteaux, ce serait une révolution copernicienne : Bien trop tard !
"Bling-bling", notre "Ô combien vénéré Président", il persiste à croire en son étoile.
Même s'il se prêt à changer de vie.
En attendant, il aura changé la nôtre et pas dans le sens du pacte qu'il nous a fait signer il y a 5 ans : J'ai encore en souvenir son show de la Porte de Versailles dans l'oreille, moi !





Bien vu ! Sauf que pour tous les seconds couteaux, ce serait une révolution copernicienne : Bien trop tard ! "Bling-bling", notre "Ô combien vénéré Président", il persiste à croire en son étoile.Même s'il se prêt à changer de vie. En attendant, il aura changé la nôtre et pas dans le sens du pacte qu'il nous a fait signer il y a 5 ans : J'ai encore en souvenir son show de la Porte de Versailles dans l'oreille, moi !
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