PS : à qui le tour ?

14.12.20110

Malgré des sondages encore très favorables à François Hollande, le landernau socialiste est en train de théoriser une réélection de Sarkozy suivie d’une victoire de la gauche aux législatives.

PS : à qui le tour ?

La cohabitation entre Sarkozy et le PS qui s’annonce serait en fait plus paisible que celle qui s’est installée entre le candidat Hollande évoluant au niveau présidentiel et la première secrétaire Aubry, continuant à gérer les problèmes de politique au jour le jour dans une logique très matignonesque. Hollande n’en revient toujours pas de la façon dont ses partisans ont été écartés de la liste des législatives. Le symbole de la manoeuvre reste la 9e circonscription des Français de l’étranger où les multiples pressions faites par Hollande et son équipe n’ont abouti à rien.

Hollande cherche à reprendre la main. Il peut pour cela compter sur le soutien ferme de Delanoë qui ne décolère pas contre la venue de Cécile Duflot sur ses terres. En revanche, il s’interroge sur ce qu’il peut attendre de Montebourg. Et il n’est pas le seul. Car nul ne sait comment gérer le fringant élu de Saône-et-Loire. Pour l’instant, l’opération anti-Pas-de-Calais que mène Montebourg arrange plutôt le camp Hollande. La disparition programmée de Jack Lang fait rire tout le monde et le slogan dans les couloirs hollandais est clair : après Marseille, Liévin ; après Liévin… Lille !

Seul problème : si Montebourg est un missile de première bourre, c’est surtout un missile de première génération – c'est-à-dire « non guided ».

Le plus grave pour la rue de Solferino, toutes tendances confondues, ce n’est pas Montebourg en tant que tel. Il suffit que les caméras de télévision aillent se planter ailleurs pour que le « non-guided-missile » disparaisse du paysage nordiste. Le personnage le plus inquiétant s’appelle Gérard  Dalongeville. Cet ancien maire d’Hénin-Beaumont, qui avait été proclamé naguère  selon les expressions des socialistes locaux, « rempart révolutionnaire  contre le fascisme » – en l’occurrence la candidature de Marine Le Pen aux élections municipales – est aujourd’hui en prison. Après avoir fait preuve d’un mutisme très digne face à « la justice bourgeoise », ce « grand révolutionnaire » persécuté serait disposé à se mettre à table. Et les dégâts pourraient être considérables pour quelques cadres du PS.

Bizarrement, les commentaires de la droite sur Hollande sont en train de rentrer en résonnance sous une forme plutôt étrange avec ce qui se passe dans le Pas-de-Calais. Henri Guaino a en effet pris l’habitude  de comparer François Hollande à Guy Mollet « qui n'a jamais pris de décision ». Mais le Guy Mollet nocif, ce n’est plus le très médiocre et très indécis homme politique de la IVe République auquel pense Guaino, mais le Guy Mollet ami longue date de Dalongeville  aujourd’hui manifestement prêt lui aussi à communiquer… avec les juges.

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