Dur, dur ! (ou mou, mou ?)

30.11.20111

Décidément, la candidature de François Hollande se déploie dans de bien dures conditions.

Dur, dur ! (ou mou, mou ?)

En 2007, le  Parti  socialiste avait fourni une preuve de sa capacité d’innovation en suscitant l’introduction dans le vocable politique d’un concept nouveau : la ségolenisation ! A ne pas confondre avec la vieille chabanisation que la droite avait inventée en 1974. Jacques Chaban-Delmas était mort, électoralement parlant,  au champ d’honneur des sondages, avec Malraux en maréchal du désastre ; Ségolène s’est tuée toute seule.  Or,  rue de Solferino, on n’hésite plus à annoncer que François suit le chemin de son ex et que la ségolenisation le menace.

La preuve la plus nette de cette tendance est la façon de plus en plus irrespectueuse dont les cadres du parti parlent de Hollande. L’interview de Mélenchon le qualifiant de « capitaine de pédalo » a relancé le petit jeu des surnoms le concernant, gentiment – mais si, mais si – sarcastiques. Au hit parade du sobriquet amical, « Flan flan la tulipe » l’a clairement emporté sur « Guimauve le conquérant » – Hollande et la tulipe ayant naturellement vocation à être associés. Ainsi, dans un parti où les courants jouent désormais un grand rôle, on peut dire que le « courant Flan flan la tulipe » est majoritaire.

Face à cette dérive, le candidat affecte d’afficher une grande sérénité.  L’équipe de campagne est constituée. Un objectif simple lui a été assigné : rédiger un programme présidentiel pour fin janvier-début février, qui s’inspire de celui du parti, de l’accord avec les Verts et de la nécessité de ne pas se faire prendre en flagrant délit de flagrant délire, notamment sur les finances publiques.  En la matière, les consignes sont claires : il faut donner du  « sens à la rigueur » ;  au risque de tendre encore plus les relations avec la gauche de la gauche pour qui la rigueur est un contre-sens.

Mais cela n’est pas trop grave car il devient chaque jour de plus en plus évident que ce n’est pas la gauche de la gauche qui va poser problème mais les écologistes. L’équipe de Hollande a été marquée par le cynisme et la détermination de la jeune Cécile Duflot dans la négociation des circonscriptions législatives réservées aux Verts ; et elle a été décimée par les concessions et le cynisme de Martine Aubry qui a systématiquement fait en sorte que les socialistes sacrifiés sur l’autel de l’alliance avec les Verts soient des proches de Hollande. 

Et donc, en fait, le candidat peut se rassurer : il n’est pas en voie de « ségolenisation » au sens strict du terme. En effet,  il n’est pas le seul à mener une action résolue de destruction de sa candidature : ses camarades de parti et ses alliés politiques s’y consacrent avec une surprenante constance.

UN COMMENTAIRE

Anonyme

30 / 11 / 2011

Excellent...

Excellent...

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