L'art (difficile) de la riposte
28.11.20111
Impossible d’être en campagne sans un dispositif bien huilé de « riposte ». De quoi s’agit-il ? De donner mandat à quelques jeunes aux crocs pointus de lâcher leur surcroît d’énergie sur les mollets de l’adversaire. Cela, si possible, avec des calembours acérés, des mots qui fassent mouche et des moyens techniques ultramodernes. Au tract, préférez le Twit.
Le silence sidéral observé par les troupes de l’UMP pendant les primaires socialistes s’étant finalement remarqué (surtout une fois les primaires finies…), il s’est agi au sein de l’UMP non pas de riposter (c’eût été trop beau) mais de mettre en place les conditions techniques de la riposte.
Pour ce faire, on décida de réunir tous les mercredis matin pendant presque une heure des membres distingués de l’UMP et quelques jeunes membres du gouvernement afin de disposer les boules puantes qui seraient dans les jours suivants balancées au beau milieu de l’arène politique.
Las, ladite cellule est d’une hétérogénéité telle, sa fréquence si rare, sa créativité si limitée qu’en fait de riposte, on a tout au plus des revers de fond de court un jour de pluie sur Wimbledon. Quel trait ingénieux peut-on citer depuis que la cellule s’est mise en place ? La vérité crue est qu’elle a surtout contribué à faire rigoler les observateurs, amusés de la seule difficulté qu’elle a eu à se trouver un nom, un long débat aboutissant à l’élémentaire « Cellule Risposte ». Voilà qui augure bien de la virtuosité verbale attendue de ce laboratoire.
Pour se consoler, il ne reste qu’à constater que le candidat Hollande se les sert lui-même avec assez de verve pour dégringoler dans les sondages avec une rapidité qui ne doit rien aux ravageuses piques UMPistes, mais tout à son art très personnel de la prise de charentaises dans le tapis.
Cela ne l'a pas empêché de se plier à son tour à l’exercice de la Riposte, en désignant à cet office Monsieur Guillaume Bachelay. Quand on songe que ce plumitif fit longtemps mitonner le fricot de Monsieur Fabius et ahana sur le fameux projet socialiste sentant bon le camphre, on se dit qu’en fait de maître-queux, on tient là quelqu’un qui fera plus dans la carotte bouillie que dans le mitterrandien ortolan. Sa première sortie, répondant à Luc Chatel comparant (mal à propos, du reste) le président de la République à Astérix – « il n’a plus de potion magique » –, atteste un défaut de sens de l’humour et de la répartie qui devrait rassurer les riposteurs du mercredi. On aura du mal à faire pire.
Non, en somme, le seul vrai Monsieur Riposte de cette campagne présidentielle, c’est Jean-Luc Mélenchon, dont la description de François Hollande en « capitaine de pédalo » a fait voir à son ancien camarade plus de chandelles que toutes les lumières de l’UMP réunies.
UN COMMENTAIRE
Courtier immobilier
30 / 11 / 2011
C'est vrai que les journalistes préfèrent les "petites phrases" plutôt que les longues explications de politique. Et on ne peut pas leur en vouloir, puisqu'au fond ce sont leurs lecteurs qui le demandent. Le "capitaine de pédalo" a plus fait parler que les différences de solutions PS/FG pour résoudre la crise européenne.





C'est vrai que les journalistes préfèrent les "petites phrases" plutôt que les longues explications de politique. Et on ne peut pas leur en vouloir, puisqu'au fond ce sont leurs lecteurs qui le demandent. Le "capitaine de pédalo" a plus fait parler que les différences de solutions PS/FG pour résoudre la crise européenne.
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