Déficit : le gouvernement a-t-il bien entendu le message de Bruxelles ?

07.06.20121

Le ministre de l'Economie l'a confirmé : parvenir, comme s'y est engagé le gouvernement, à ramener le déficit public à 3 % du PIB dès 2013, avant un retour à l'équilibre d'ici cinq ans, va demander des efforts. Une semaine après que la Commission européenne a adressé ses cinq grandes recommandations à la France, Pierre Moscovici commence ainsi à préparer l'opinion aux mesures de redressement d'urgence qui devront être prises avant l'été. 

Pour trouver les 10 milliards d'euros nécessaires pour rester dans les clous cette année, l'exécutif compte visiblement beaucoup sur la réforme fiscale inscrite au collectif budgétaire de juillet. Pas sûr que cette focalisation sur l'augmentation des recettes rassure Bruxelles qui a appelé la France à être particulièrement attentive aux dépenses tout en adressant une mise en garde subtile contre toute mesure susceptible de nuire davantage à la compétitivité.

Contacté par Débat&co, Olivier Bailly, l'un des portes-paroles de la Commission européenne, insiste sur la première recommandation de Bruxelles à la France : « réduire son déficit public à 3 % en 2013. Sur le moyen terme et long terme, la France doit aussi réduire sa dette publique » et formule à cet égard un premier bémol : « la réforme des retraites permettra peut-être d’atteindre l’équilibre en 2018 (si la situation économique ne se dégrade pas d’ici là). Nous sommes plus prudents quant à un maintien de cet équilibre à partir de 2020. »

Deuxième sujet de préoccupation : l'emploi. La deuxième recommandation porte ainsi sur les contrats de travail que la Commission estime relativement rigides : « le nombre de passage de CDD vers CDI sont parmi les plus bas d’Europe. Nous pensons que la législation en la matière doit être revue, et que la formation des travailleurs, notamment seniors, doit être renforcée. Les moyens de Pôle Emploi devraient également être renforcés pour conseiller les chômeurs de longueur durée. » Et la troisième recommandation invite à « promouvoir l’emploi des seniors, des femmes et des jeunes, populations les plus touchées par le chômage actuel. »

Autre angle d'attaque : la compétitivité. Si la France souhaite sérieusement inverser la tendance, elle doit, selon la Commission, considérer de « réduire la fiscalité portant sur le travail (la plus élevée d’Europe) pour la transférer vers la consommation et surtout l’environnement (taxe sur les pollueurs, recyclage, etc…) qui est l’une les plus basses d’Europe ».

Bruxelles, qui invite en dernier lieu à « ouvrir davantage ses industries de réseaux à la concurrence pour faire baisser les prix et développer les services, notamment le marché de l’électricité et le transport international des passagers », se livre en réalité, comme le note Jean-Marc Daniel dans la vidéo ci-dessous, à un audit de politique économique générale dont les conclusions, bien qu'elle ne le revendique pas directement, ne sont pas des plus rassurantes.

UN COMMENTAIRE

expert comptable paris

26 / 06 / 2012

 

Il sera intéressant de voir comment le gouvernement va mettre en place tous ces conseils. Surtout ceux qui visent la fiscalité portant sur le travail.

 

Anonyme

04 / 07 / 2012

:)

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