Un déficit zéro en fin de quinquennat : tel est l'objectif affiché par les deux candidats finalistes à la présidentielle. Mais leurs programmes leur permettront-ils de tenir cet engagement ? L'Institut de l'entreprise les a testés. Et pour les mettre vous même à l'épreuve, cliquez ICI.
Pour soumettre les programmes à notre stress test, cliquez ici
Si le chiffrage des programmes des candidats a constitué une réelle avancée en termes de transparence du débat démocratique, l’exercice laisse subsister de nombreuses zones d’ombres.
Premièrement parce que les programmes reposant sur des hypothèses de croissance divergentes, la comparaison reste difficile. Ensuite parce que les propositions des deux candidats en matière de maitrise de la dépense publique, quand elles existent, ne sont que partiellement explicitées. Enfin parce que les projections à 5 ans ne respectent pas le principe de prudence, qui devrait conduire à retenir des scénarios économiques plus réalistes afin d’assurer que les objectifs soit tenus quels que soient les aléas.
Pour toutes ces raisons, l’Institut de l’entreprise a décidé de développer un outil qui permette de :
- comparer les programmes à contexte économique équivalent ;
- soumettre les programmes à un « stress test », à savoir des conditions économiques plus difficiles que celles envisagées par les candidats ;
- simuler l’évolution des finances publiques d’ici 2017 (déficit, dette…) en fonction de l’évolution de paramètres clés (croissance, dépenses publiques, chômage…).
Ce travail a été réalisé à travers une approche rigoureusement non partisane fondée sur les informations publiées par les candidats ainsi que sur des sources publiques (INSEE, direction générale du Trésor, Cour des Comptes etc.).
Faible résistance
Le premier enseignement est que, en retenant les mêmes hypothèses de croissance, on observe dans les deux cas un écart d’environ 1,2 point de PIB (1,4 point de PIB, si l’on retient le chiffrage de l’Institut de l’entreprise) en faveur de Nicolas Sarkozy sur le solde budgétaire de 2017.
Le deuxième enseignement, est que les programmes passent difficilement l’épreuve des « stress tests » : avec une croissance de 1,5 % du PIB1, le déficit sera de 0,9 à 1,3 % du PIB pour Nicolas Sarkozy et de 2,2 % à 2,7 % du PIB pour François Hollande. En outre, alors que le premier parviendrait à réduire la dette publique de 1,5 point de PIB, le second l’augmenterait de 2 points2. Par ailleurs, aucun des deux programmes ne passe l’épreuve d’une croissance moyenne de 1 % sur la période 2012-2017.
Le troisième enseignement est que les hypothèses de maîtrise des dépenses des deux candidats sont fortes, et supérieure à la croissance moyenne des dépenses publiques des années RGPP (+ 1,6 % contre 0,4 % projetés par Nicolas Sarkozy et 1,1 % pour François Hollande). Or la tenue de ces objectifs est cruciale : si les dépenses publiques dérivent à 2 % de hausse par an3, les deux programmes conduiraient autour de 4,2 % de PIB de déficit4 en 2017 (4,6 % de PIB en retenant le chiffrage de l’Institut de l’entreprise).
Cette analyse pose donc la question de la crédibilité du programme qui serait appliqué avec une croissance modérée. Si elle semble donner un léger avantage à Nicolas Sarkozy, plus prudent sur les hypothèses de croissance, et plus précis sur la maîtrise des dépenses, elle montre aussi un point de convergence entre les programmes, imposé par les objectifs de finances publiques : les candidats devront agir sur les dépenses publiques encore plus fortement que lors du précédent quinquennat. Cet objectif n’est pas inatteignable au vu d’exemples étrangers mais, sauf à reprendre et à accentuer les méthodes de la RGPP, la transparence des débats appelle encore à plus de précisions sur la méthode comme sur les choix difficiles qui seront nécessaires.
Pour en savoir plus, consultez l’analyse détaillée de l’Institut de l’entreprise
Accéder à la cellule de chiffrage
Notes
1. Croissance potentielle de long terme selon l’OCDE.
2. En retenant le chiffrage de l’Institut de l’entreprise, ces résultats seraient légèrement différents, sans remettre en cause les conclusions du stress test, puisque la dette serait stabilisée chez Nicolas Sarkozy, tandis qu’elle augmenterait de 4,3 points chez François Hollande.
3. Hausse constatée entre 2001 et 2007.
4. Pour procéder à cette comparaison, nous avons retenu des hypothèses de croissance homogènes (dernières projections du FMI) pour les deux programmes.




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