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Michel Morvan | Publié le 6 avril 2007 à 05h41
La question de la recherche et de l'innovation est très peu présente dans le débat politique actuel. Si l'on regarde les programmes des différents candidats, on ne voit réellement rien de révolutionnaire, quand ce ne sont pas les incantations habituelles : "Plus d'argent, plus de postes". Il semble bien que la recherche et l'innovation ne sont pas le problème principal en France, et qu'elles arrivent en tout cas bien après des choses considérées comme plus importantes, comme le chômage, les retraites, etc. C'est tout à fait juste à court terme, et peut-être même à moyen terme. Mais à long terme, c'est une erreur considérable. La France ne produira pas de richesses grâce à ses bras : il est peu probable que dans les cinquante prochaines années, nous arrivions à concurrencer la Chine, l'Inde, ou d'autres pays émergents dans ce domaine. Nous n'avons pas non plus de pétrole, ni de richesses à profusion dans notre sol. Alors ? Alors la seule création de richesse possible à long terme proviendra de notre capacité à innover, à trouver de nouvelles solutions, de nouvelles idées, de nouvelles connaissances fondamentales, et à être capable de les transformer en de nouveaux produits, de nouveaux services. Et seule cette richesse rendra pertinentes nos réflexions sur notre modèle social, à conserver ou à modifier, sur nos retraites, sur la manière de créer de l'emploi, etc. Si nous ne savons pas produire cette richesse, toutes ces questions seront vaines et la France deviendra simplement un joli pays pauvre à visiter en vacances. Or, si la situation ne change pas radicalement, il n'est pas certain du tout – c'est un euphémisme – que nous soyons capables de rester dans le peloton de tête en terme de recherche et d'innovation. Par exemple, il est assez affolant de constater que les emplois qu'Alcatel-Lucent envisage de supprimer en France sont des emplois de chercheurs. C'est un assez mauvais signe.